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Quévreville-La-Poterie
(France), le 13 février 2008
Ta Maman a pris
soin de m'appeler. La dame aux cheveux blancs était là, toujours aussi
imposante. C'est à peine si elle m'a dit bonjour... Je suis entrée
calmement, j'ai posé le sac lourd que je portais ; tout était calme,
tranquille, reposé, caché du monde. Je ne pouvais voir le jour au travers de
la fenêtre puisqu'une carrure imposante en cachait l'accès. Silhouette
découpée, tant aimée, tant caressée, je t'ai reconnu... mon cœur a commencé
à s'emballer quand tu es venu vers moi, sans un mot. Tu as juste niché ta
tête dans mon cou et tu m'as dit : « Je t'attendais, merci d'être venue. »
Les volutes bleues de ta cigarette m'ont enivrée... « Je t'ai apporté les
vêtements que tu me demandais », t'ai-je dit. Tu étais si pâle, si calme, si
serein, amaigri, si rajeuni... Le temps semblait ne plus avoir d'emprise sur
toi. Ta longue main a serré la mienne, ton pas a claqué le sol et nous
allions nous asseoir. La vie allait donc reprendre ses droits, le voile noir
était donc parti...
Que de mauvais
moments nous avions passés depuis ces huit mois ! Le printemps et ses
petites fleurs nous attendaient. Tu étais de nouveau Papy fou d'un petit
garçon et d'une petite fille. Deux autres étaient à venir en été et en
automne. Que de promesses !
Mes larmes se sont
mises à couler quand le réveil a sonné... Il était l'heure que je me lève.
Je ne parviens pas à quitter cette si douce nuit.
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