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Montréal (Québec), le
11 mars 2009
Je pleure la mort de ma fille
chérie.
Aujourd'hui en ce triste anniversaire,
je suis revenu me recueillir sur la tombe de ma fille unique
morte il y a vingt ans aujourd'hui.
Non, ton papa ne t'a pas oubliée ma petite puce. Tu
aimais tellement ce surnom... il est si cher à mon coeur aujourd'hui... Le
temps a passé, mais je sais que pour toi il n'a aucune importance... Tu es
un ange maintenant et désormais c'est toi qui veille sur moi.
Tu es morte à 16 ans et moi je suis mort aussi depuis
ton départ. Car la vie sans ma petite fille chérie est devenue un vide que
je dois assumer avec douleur et résignation. Je ne vis aujourd'hui que dans
les souvenirs du temps que tu étais à mes côtés. Oh je sais que tu avais ton
petit caractère et que des fois la communication entre nous n'était pas
toujours harmonieuse. Mais sache que je t'aimais ma petite puce et que dans
mon coeur je ne voulais que ton bien. Tu étais rebelle, tu voulais ta
liberté... Souvent je t'imposais une certaine discipline qui te blessait, je
sais tu m'en voulais très souvent... Tu me boudais... Mais sache ma chérie
que j'avais mal en dedans... Non jamais je ne t'aurais fait du mal, je
t'aimais trop pour ça... Je ne voulais que ton bien... Je voulais t'aider à
accomplir tes projets.
Et voilà qu'un soir est survenu ce stupide accident de
voiture dans laquelle tu as perdue la vie. J'étais tellement blessé ce
soir-là, tu ne pourrais même pas imaginer seulement l'ombre de ma douleur...
D'apprendre que ma petite puce avait perdu la vie, comme ça sans
m'avertir....... J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps... J'ai maudit
ce Dieu à cause de ce drame, je lui en voulais, je l'ai injurié... Et malgré
tout je me sentais tellement impuissant... Comment accepter la mort de sa
petite fille chérie ? Comment rester serein et passif alors que la douleur
nous afflige continuellement ?? Un Dieu muet qui, dans sa bonté, nous donne
un petit ange et qui le reprend sans prévenir, à l'âge où cette petite
fille, devenue notre raison de vivre, nous quitte comme ça à 16 ans... Je
pleure encore sur toi ma puce, mes sanglots sont lourds et je t'aime tant...
Je voudrais tellement te prendre dans mes bras... Te consoler, te rassurer
et me sentir responsable de toi...
Oh ! De ton vivant j'avais de grands projets pour toi.
J'avais économisé pour tes études... Ton rêve était de devenir
psychologue... Tu étais profonde et à l'écoute des autres. Ton papa savait
au fond de lui-même que tu avais la vocation. Et ton père était prêt à tout
pour que tu réussisses... Malgré cette discipline que je t'imposais, j'étais
prêt à tous les sacrifices, au risque de me faire moins aimer de toi...
Étais-je un bon père à tes yeux ? Je suis certain que maintenant tu le
comprends... Mais par mon côté autoritaire je te protégeais... Tu étais un
peu naïve je sais, ça fait partie de notre apprentissage de la vie. Tes amis
t'influençaient, tu voulais être libre comme l'air... Le destin t'a
récompensée ma puce... Aujourd'hui tu es vraiment libre dans ce nouveau
monde que tu habites.
Laurenne, dont le corps repose dans un cercueil au
fond d'une terre humide et froide, je suis atterré par la vie, par
l'injustice qui nous dépossède de nos rêves... Mais je suis certain que ton
âme a fleuri et qu'aujourd'hui tu as mûri. Aide-moi à accepter ton nouvel
état, à ne plus être égoïste et à ne plus vivre dans le passé de ta
présence. Donne moi la certitude que tu reposes en paix et qu'un jour, à
l'ombre de mon trépas, tu viendras calmer ma douleur et, de ta douce
présence, me rassurer en me disant : « Je suis vivante, bienvenue dans mon
paradis... »
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