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Montréal (Québec), le 1er mars 2010
Chère maman,
Voilà déjà 2 ans que tu es décédée et, malgré ton
absence physique, je te sens toujours présente dans ma vie. Oui, malgré mon
esprit endeuillé, tu es là et je le sais. Souvent, au-travers mes
difficultés, mes épreuves, je sens ta présence réconfortante. Et, dans ces
moments sombres, je me console tout en sachant que tu es désormais mon ange
gardien.
Quelquefois, en pensant à toi, je replonge dans mon
enfance et je vois à quel point j’ai été ingrat, indiscipliné et souvent peu
reconnaissant envers ton dévouement. Que de courage et de patience il t’a
fallu pour élever tes 11 enfants. Aujourd’hui, je ne cesse de penser aux
sacrifices que tu as endurés pour nous. Oui, tu t’es beaucoup donnée pour
soulager nos inquiétudes, nos tourments et nos pleurs la nuit.
Je souffre souvent de ne pas t’avoir assez aimée et de
t'avoir négligée surtout. En y pensant bien, c’est toi qui a joué dans ma
vie le plus grand rôle, car c’est par toi, en toi, que ma vie a débuté.
Qu’il est grand ce mystère de la vie et profond surtout. Je sais que tu
devais partager ton amour maternel avec cette ribambelle d’enfants qui,
hauts comme trois pommes, tiraient ton tablier pour avoir un peu de ton
attention. Toujours tu leur faisais des câlins tout en accomplissant tes
tâches ménagères du matin au soir. Jamais tu n’as eu de haut-le-coeur en
changeant nos couches souillées que tu devais laver et repasser. Tu étais
notre servante, notre cuisinière, mais notre maman avant tout. Nous étions
pauvres, mais nous étions ta plus grande richesse... Le savions-nous
vraiment ?
Oui, il t’arrivait d’être sévère, de nous punir, mais
tu ne voulais que notre bien. Aujourd’hui, nous le comprenons et on regrette
d’avoir été si égoïstes. On ne peut hélas revenir en arrière mais, malgré
tout, on garde de toi des souvenirs impérissables.
Un jour, alors que j’étais adolescent, je t’ai
observée, maman, après avoir dégusté un succulent repas que tu nous avais
préparé. Tu étais là, toute seule à la table, et tu mangeais mes restes et
ceux de mes soeurs et frères. Tu n’avais aucun dédain même si sans doute
c’était froid. J’ai alors réalisé à quel point tu nous aimais.
Ta mémoire ne s’éteindra jamais dans mon coeur et,
malgré les apparences, la vie nous redonnera des jours meilleurs dans un
monde où plus jamais la mort viendra nous séparer.
Ton fils qui t’aimera toujours,
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