Paysages suspendus dans la noire
plaine bleutée.
Étranges visions,
Exorcisantes
Qui pénètrent dans mon corps de rêve.
Au-delà du portail du sommeil,
Gardé par les anges,
S’étendent des contrées de merveilles
Qui verrouillent la grisaille terrestre
Et dévoilent un pays sibyllin.
Les planètes roulent dans la nuit
À travers l’embrun des nuages transis.
Attente !
Flammes éthérées,
Vaporeuses, voluptueuses
Qui lavent mes pensées.
En promenant l’onde de l’oubli.
Attente !
Vent de douceur
Venu de la voûte azurée
Me tient en alerte.
Survient un visiteur,
Plutôt. une visiteuse…
Elle drape mon corps de rêve.
Elle m’offre un dialogue
Muet
Et un amour d’au-delà du voile
Enveloppant, indéfinissable,
Sans geste.
Rayon de présence dans mon lit
de tristesse.
Je glane cette ineffable consolation,
Qui enflamme la froideur de ma nuit.
Un rire transcendant s’échappe de mes lèvres.
Reste, Reste, sommeil complice…
Mais le jour impose sa contrainte
Convoquant l’amère réalité.
Réjeanne
Saint-Odilon (Québec)
( rejeannev@sogetel.net )