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Témoignage 818

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Metz (France), le 7 mars 2007

Voici déjà un an que ma fille a perdu son papa. Elle a maintenant 6 ans. Son papa ne voulait plus vivre. Nous étions divorcés. Cela a été très difficile d’annoncer cette nouvelle à ma fille. Quand elle m’a dit : « Il est mort pour de vrai ? » avec une telle souffrance dans les yeux... Maintenant elle est toujours suivie par un pédopsychiatre, elle a toujours besoin de monde à la maison, de bruit comme pour se rassurer de savoir qu’elle n’est pas seule... Nous ne comprenons toujours pas le geste de son père, souffrait-il ? Était-il dépressif ?

Mais comment peut-on laisser son enfant comme cela ? Sans prévenir, sans demander de l’aide ? Je ne comprends pas. Là cela fait déjà un an, le cimetière devient une visite ponctuelle. Elle, si petite au milieu des tombes, tombes qui se multiplient si vite qu’on ne trouve plus des fois du premier coup où IL se repose…

Elle pleure, embrasse les fleurs et dessins qu’elle lui pose sur la tombe et, en silence, pleure. On dit qu’avec le temps tout s’efface… mais dans ce cas je ne sais pas… là on vit avec, mais bientôt elle demandera pourquoi, posera beaucoup de questions... il faudra bien lui répondre, ne pas la blesser, la protéger. J’espère y arriver. Je lis depuis un an tous vos témoignages, la souffrance est importante, nous avons tous un cœur, mais essayons ensemble de garder un peu de courage pour continuer notre bout de route avant de retrouver nous aussi le chemin des nôtres.

Véronique

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