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Saint-Jean-Pied-de-Port (France), le 2 mai 2007
J'ai 19 ans quand je tombe enceinte de mon ami. Contre
toute la famille, je décide d'avoir mon bébé. Mon ami est heureux, il va
être papa. Aurélie naît le 3 mars, elle est magnifique. Ma famille s'y fait
; je suis comme dans une bulle de bonheur...
Elle a 3 mois, on va se mettre à table. Ma puce dort
paisiblement dans son couffin à 1 mètre de moi. Mais j'entends un drôle de
souffle, je m'approche, elle est livide. Je comprends de suite qu'elle n'est
pas dans son état normal. Je hurle. Mon ami essaie bien de la réanimer mais
je vois à son regard que rien ne sera plus jamais comme avant.
Le médecin est là, il me dit : « C'est fini. » Et tout
s'enchaîne. Je la mets dans son couffin pour l'hôpital. Le médecin me donne
un cachet et nous dit : « Vous pouvez rentrer, c'est une mort subite du
nourrisson, mais on doit faire un autopsie. » Je ne suis plus là, je ne vois
ni n'entends plus personne. On récupérera son corps le matin de son
enterrement, cinq jours après.
Je ne l'ai plus revue. On m'a rendu les vêtements
qu'elle portait le jour où elle a rejoint les anges. Je n'ai aucun souvenir
de ses funérailles, c'est comme un trou noir. Juste me revient l'image de ce
petit cercueil blanc que porte mon cousin dans ses bras. Le lendemain, pour
tous, c'était passé. On n'a plus jamais parlé d'Aurélie dans ma famille.
Je me suis mariée avec mon ami un an après pour faire
comme si tout allait bien. Mais la douleur que je gardais en moi depuis tant
de mois est sortie, elle a explosé. J'ai fait une grave dépression. Mon mari
n'a pas supporté mon désespoir. Il voulait un enfant, mais je ne pouvais
pas. C'était au-dessus de mes forces. Moi, je voulais juste parler d'elle,
pour me dire qu'on ne l'oubliait pas. Mais personne au bout pour me dire
qu'elle avait juste existé. Alors, il est parti.
Aujourd'hui, 15 ans après, pas un jour ne se passe
sans que je pense à elle. J'ai refait ma vie. J'ai 2 jolies puces qui savent
qu'elles ont une grande sœur au ciel. Aurélie fait partie de moi, de mon
histoire. Après tant d'années, la seule chose que je ne supporte pas, c'est
la vue d'un petit cercueil blanc, même à la télé.
Je t'aime mon ange, tu me manques tous les jours. Je
suis sûre que tu aurais été très jolie aujourd'hui à 15 ans.
Douces et tendres pensées de ta maman...
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