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Rawdon (Québec),
le 2 décembre 2007
Bonjour,
Mon nom est Sonia, 33 ans, et j'ai perdu mon père...
et ma mère son mari !
Déjà un an et c'est comme si c'était hier encore !
Depuis le décès de mon père, je suis venue vivre avec ma mère. Disons
qu'elle avait de la difficulté à vivre seule ! Mon père est décédé le 30
août 2006, un mois après avoir déménagé et prendre sa vraie retraire. Il
avait 61 ans lors de son décès. J'ai encore du mal à vivre et reprendre ma
vie ! Encore plus, car ma mère a beaucoup de difficulté à vivre son deuil et
elle a un problème d'alcool.
Mon père est décédé d'un crise du cœur. Il n'était pas
cardiaque, mais l'enveloppe du cœur a brisé, alors il n'a pas eu de chance
de survie ! Cela s'est passé à la maison et c'est ma mère qui l'a trouvé !
La journée de son décès, je pensais mourir et je le
voulais aussi ! Mon père était mon meilleur ami et mon mentor... il était ma
barre d'énergie dans mes moments les plus durs, et Dieu sait que j'en ai
surmonté ! Il me brassait, pour me faire réagir ! Je lui dois tout ! Je ne
me suis pas toujours entendue avec mon père, mais ça faisait environ 10 ans
que les liens s'étaient renoués.
Je n'ai pas eu la chance de le voir à son décès.
J'étais arrivée trop tard ce soir-là, le travail et le voyagement de
Montréal à Rawdon... Je vivais à Montréal et, sans voiture, pas toujours
facile, les bus.
J'avais dit à mon père que si un jour il partait, je
le suivrais. Et Dieu sais que je l'aurais fait, j'aurais trouvé son deuil
trop dur à supporter ! J'ai déjà trois dépressions à mon actif et trois
tentatives de suicide ! Et la dernière, c'est mon père qui m'a remise sur le
droit chemin ! Il m'a fait voir la vie d'une autre perspective ! Et
maintenant, je tiens à la vie plus que tout, car je me bats tous les jours
de ma vie avec mes démons intérieurs.
Lors de son décès, j'ai compris les paroles qu'il
m'avait dites plus tôt : que je me devais de veiller sur ma mère ! Et je
suis tellement fière de dire qu'au moins toutes les fois que je parlais avec
mon père, je finissais la phrase en disant: « Daddy, tu sais quoi ? » Il me
répondait : « Non, quoi ? » « Je t'aime daddy ! » Il partait à rire et
disait : « J't'aime aussi ma fille ! »
Il avait une joie de vivre intense ! Il était toujours
de bon conseil, il nous écoutait, il nous apprenait toujours les choses de
la vie et les valeurs. Personne ne pouvait ne pas l'aimer. Sociable comme
tout, il rendait service aux autres. L'humanité qu'il avait... nous avons
perdu un gros morceau de notre vie ! Il m'a donné sa force intérieure et sa
passion. Mon père m'a transmis ses propres valeurs et sa joie de vivre !
Aujourd'hui je trouve ça dur, car je vis mon deuil à
moi, je vis le deuil de ma mère, ainsi que sa peine d'amour à elle... et je
vis son alcoolisme ! Mais la force qu'il m'a donnée m'aide à ne pas sombrer
encore une fois ! Chacun vit son deuil à sa manière et de différentes
façons, mais il ne faut pas sombrer car l'être que nous perdons ne l'aurait
jamais accepté. Alors il faut la surmonter et survivre à ce drame ! Aucune
parole ne peut nous réconforter lors d'un décès. La seul chose que je peux
témoigner, c'est : puisez votre force intérieure et vivez le temps qu'il
vous reste comme vous auriez voulu le faire ! Ouvrez-vous à la vie ! Et
dite-vous : si ça avait été moi, aurais-je aimé le voir sombrer ? Ce que je
dis, ce n'est pas de l'oublier, mais de continuer à vivre notre vie !
Merci d'être là pour nous permettre de surmonter et
vivre notre deuil parmi les témoignages.
Daddy, je sais que tu me regardes de là-haut, que
maintenant tu es libre et que tu as retrouvé les êtres chers que tu as
perdus. Ne t'en fais pas, je ne sombrerai pas et je veille sur maman ! Tu
sais quoi, daddy... J'taime autant, même si tu es parti ! xxx
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