Metz
(France),
le 7 mars 2007
Voici déjà un an que ma fille a perdu son papa. Elle a maintenant 6 ans.
Son papa ne voulait plus vivre. Nous étions divorcés. Cela a été très
difficile d’annoncer cette nouvelle à ma fille. Quand elle m’a dit : « Il
est mort pour de vrai ? » avec une telle souffrance dans les yeux...
Maintenant elle est toujours suivie par un pédopsychiatre, elle a toujours
besoin de monde à la maison, de bruit comme pour se rassurer de savoir
qu’elle n’est pas seule... Nous ne comprenons toujours pas le geste de son
père, souffrait-il ? Était-il dépressif ?
Mais comment peut-on laisser son enfant comme cela ? Sans prévenir, sans
demander de l’aide ? Je ne comprends pas. Là cela fait déjà un an, le
cimetière devient une visite ponctuelle. Elle, si petite au milieu des
tombes, tombes qui se multiplient si vite qu’on ne trouve plus des fois du
premier coup où IL se repose…
Elle pleure, embrasse les fleurs et dessins qu’elle lui pose sur la tombe
et, en silence, pleure. On dit qu’avec le temps tout s’efface… mais dans
ce cas je ne sais pas… là on vit avec, mais bientôt elle demandera
pourquoi, posera beaucoup de questions... il faudra bien lui répondre, ne
pas la blesser, la protéger. J’espère y arriver. Je lis depuis un an tous
vos témoignages, la souffrance est importante, nous avons tous un cœur,
mais essayons ensemble de garder un peu de courage pour continuer notre
bout de route avant de retrouver nous aussi le chemin des nôtres.
Véronique

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