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Montréal (Québec), le 22 décembre 2009
À chaque année, lorsqu’arrive le temps des Fêtes, je
ressens en moi une profonde nostalgie. Bien que mon coeur soit joyeux en
achetant tous ces cadeaux, je frémis dans mon esprit sachant bien que cette
année encore, autour de la table, des chaises resteront inoccupées. Ça me
brise le coeur de festoyer alors que le deuil m’afflige sans cesse. Malgré
ma tristesse apparente, j’essaie de garder le sourire, pour les enfants
surtout. Car je sais que mes neveux et nièces vivent vraiment la magie de
Noël, je ne veux surtout pas gâcher leur plaisir.
À chaque année, moi et mon épouse organisons dans
notre grande maison ce party de Noël auquel tous les membres de notre
famille sont conviés. Notre couple a hérité de la maison familiale, pour
notre famille c’est le plus beau gîte pour nous remémorer nos souvenirs
d’enfance. Bien que plusieurs soient décédés, la famille a beaucoup grandi
depuis la mort de nos parents. Cette maison est pour ma femme et moi notre
plus bel héritage. On se réjouit lorsque tout le monde est là à bavarder et
à fraterniser.
Mais encore hélas des convives décédés cette année n’y
seront pas. Oncle Gilles, tante Gilberte et surtout notre petite Miriam.
Pour nous ses parents, Noël sera triste cette année. En écoutant à la radio
tous ces cantiques de Noël, moi je ne peux retenir mes larmes et mon épouse
souvent éclate en sanglots. Je la console bien sûr et en serrant très fort
nous pleurons ensemble. L’an dernier, Miriam était à nos côtés toute
souriante et pleine de vie. Elle croyait encore au Père Noël... Mais malgré
sa naïveté, nous voyions en elle une telle innocence. Au-travers ses rêves
de petite fille nous revivions mon épouse et moi cette magie de Noël que
nous avions perdue tous les deux.
Cette année, il sera difficile pour nous de célébrer
la fête de la nativité sans sa douce présence. Nous essayons juste de
comprendre pourquoi la vie nous afflige d’une si grande épreuve. Fêter Noël
sans notre petite fille chérie est un non sens. Mais pourtant sous l’arbre
il y a des cadeaux pour elle. Bien que nous savons qu’elle ne va pas les
ouvrir, nous les laissons quand même là. Nous espérons seulement que de là-haut
elle pourra se dire : « Mes parents ne m’ont pas oubliée. » C’est le seul
moyen que nous avons trouvé afin de la gâter et de lui exprimer ouvertement
notre amour. Ça nous console bien sûr, mais notre coeur souffre d’un profond
abandon. Mais lorsqu’arrivera Noël fête de l’amour on va se remémorer nos
plus beaux souvenirs. Photos, vidéos de notre chère fille alors bien vivante
et si présente parmi nous. Tant de moments magiques passés avec elle. Des
instants mémorables qu’on oubliera jamais et qui toujours resteront gravés
dans notre coeur.
On se console souvent sachant bien que notre fille
chérie est un ange dans les cieux. Malgré cette consolation, nous trouvons
que Dieu est égoïste et on se sent un peu trahis. Il aimait tellement notre
fille chérie qu’il l’a ramenée dans son paradis. Peut-être la trouvait-il
trop fragile pour continuer à vivre en ce bas monde ? Il est vrai que Miriam
était extrêmement sensible et qu’un rien l’affligeait. Que dire ou que faire
devant un destin aussi incertain ? On sème la vie et le bonheur pour ensuite
récolter des larmes et du chagrin.
La vie nous trahit très souvent mais malgré tout elle
nous apporte au-travers notre coeur brisé une pluie de larmes. Qui a dit un
jour : « Pleurer c’est laver son âme. » Moi et ma tendre épouse en sommes
conscients maintenant. Il nous faudrait pleurer une mer de larmes pour
comprendre le coeur de Dieu. Mais grâce à cet amour que nous ressentons pour
elle, nous avons tous les deux la conviction que notre fille vit dans la
joie, l’allégresse et qu’elle ne connaît pas la douleur. Tant qu’on va
séjourner sur terre nous n’abandonnerons jamais notre fille chérie. Nous
savons très bien que lorsque le trépas viendra, nous suivrons un chemin de
lumière qui nous conduira vers elle.
Alors en toute transparence nous vivrons ensemble un
bonheur éternel.
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