Dans sa chambre d’hôpital, Catherine berce doucement sa petite Léa, qui vient tout juste de naître. Ce moment, qu’elle avait imaginé rempli de bonheur, prend une tout autre couleur. Catherine sait que le temps qu’elle pourra passer avec son bébé sera malheureusement très court.
Dans quelques heures, elle devra lui dire au revoir. Avec Léa disparaissent aussi une foule de rêves, de projets et de moments imaginés. Pour ses parents commence alors un deuil aussi réel que profondément bouleversant.
Le deuil périnatal
On parle de deuil périnatal lorsqu’un bébé décède pendant la grossesse, au moment de l’accouchement ou peu après sa naissance. Même lorsqu’une grossesse a été courte ou que les parents ont eu peu de temps avec leur bébé, la perte peut être immense.
Les parents peuvent ressentir de la tristesse, de la colère, de la culpabilité, de l’incompréhension ou parfois même un profond sentiment de vide. Chaque personne vit toutefois cette épreuve à sa façon, et il n’existe pas de bonne ou de mauvaise manière de faire son deuil.
Lorsque l’entourage ne comprend pas toujours
Il arrive que l’entourage ait de la difficulté à mesurer l’ampleur d’un deuil périnatal. Certaines personnes peuvent croire que, parce que les parents ont peu ou pas connu leur enfant, la perte sera plus facile à traverser.
Pourtant, perdre un bébé, c’est aussi perdre une partie de l’avenir que l’on avait commencé à imaginer avec lui : les premiers sourires, les anniversaires, les projets en famille et tous ces petits moments auxquels on avait déjà commencé à rêver.
Dans ces circonstances, la présence de l’entourage peut faire une grande différence. Il n’est pas toujours nécessaire de trouver les bons mots. Être présent, écouter et reconnaître la peine vécue peut déjà apporter beaucoup de réconfort.
Au sein du couple
Les deux parents ne vivront pas nécessairement leur deuil de la même façon ni au même rythme. L’un peut avoir besoin de parler alors que l’autre préférera garder ses émotions pour lui. L’un peut rechercher beaucoup de soutien alors que l’autre, lui-même profondément touché, ne se sentira pas toujours capable de l’offrir.
Ces différences ne signifient pas que l’un souffre davantage que l’autre. Elles témoignent simplement de façons différentes de traverser une même épreuve.
Pouvoir mettre des mots sur ce que l’on ressent et se sentir écouté peut aider à cheminer. Certaines personnes trouvent du réconfort auprès de leurs proches, alors que d’autres préfèrent échanger avec des parents ayant vécu une expérience semblable.
Des groupes d’entraide consacrés au deuil périnatal peuvent offrir un espace où partager son histoire sans avoir à expliquer ou à justifier sa peine. Il est également possible de se tourner vers un médecin de famille, les services sociaux de sa communauté ou un professionnel spécialisé en accompagnement du deuil.
Surtout, il est important de se rappeler qu’un deuil périnatal mérite d’être reconnu. Derrière cette perte, il y avait un enfant attendu, aimé et déjà présent dans les pensées et dans le cœur de ses parents.
Le deuil périnatal